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Rubrique : Etre pro

Combien on gagne ?

Combien on gagne en étant musicien professionnel ? Il est évidemment impossible de répondre une fois pour toute à cette question tant les réalités de chacun sont différentes. Le salaire qu'on arrive à "sortir" chaque mois est fonction de son niveau, de son implication dans un nombre plus ou moins grand d'orchestres ou de groupes, de la qualité de la promo qu'on se fait, de ses exigences personnelles, etc... Voici donc juste quelques éléments à partir desquels il est sera possible de commencer à se faire une idée. Je précise toutefois que je les ai rassemblés à partir de mon expérience personnelle et de celle de quelques amis, ce n'est donc qu'une vision parcellaire de la réalité.

Quatre choses me semblent déterminantes dans le salaire d'un musicien professionnel :

L'importance des cachets perçus pour les concerts

Cet aspect ô combien important dépend lui-même de plusieurs choses :

Jouez-vous seul, en petit groupe, en grand groupe ? Moins on est au sein d'une formation musicale, plus on peut espérer gagner. Ceci est tout simplement dû à la pauvreté des organisateurs de spectacles, qui pourront plus facilement se payer un duo à 700 euros qu'un quintette à 3500 euros. Résultat, plus on est nombreux, moins il faut demander par personne si on veut être souvent embauchés.

Le style de musique que vous jouez a-t-il un marché et des habitudes de tarifs ? Si vous jouez d'un style peu proposé et très demandé, vous serez certainement mieux payé que si vous jouez d'un style peu demandé. A ce que j'en sais, en jazz par exemple la concurrence est terrible entre les très nombreux musiciens d'excellent niveau, et la demande n'est pas énorme, donc les salaires sont minuscules, sauf pour les plus grands. En classique, les salaires sont plus standardisés et souvent de meilleur niveau que dans d'autres styles.

Ce que vous proposez est-il "pro" dans sa forme ? Plus votre concert est rôdé, au point, réfléchi dans toutes ses dimensions (musicale, scénique, ambiances, rythme, etc...) plus vous pouvez espérer le vendre cher... Les cachets augmentent donc généralement dans la vie d'un groupe au fur et à mesure de sa professionnalisation.

Restent aussi des critères de "richesse" de l'organisateur. Une petite association locale ne pourra pas payer aussi cher qu'une grande salle ou qu'un grande ville... Après c'est une question d'éthique. Personnellement, je suis très ouvert à la discussion avec les organisateurs "pauvres", pour essayer de déterminer ce qu'ils peuvent payer. Dans plusieurs groupes dont je fais partie, on considère que lorsqu'on joue pour des petites associations locales, c'est notre participation à la vie sociale, et c'est presque du bénévolat. Dans ce cas, ça peut quasiment être gratuit.

Pour résumer, disons que les cachets peuvent démarrer très bas (quelques dizaines d'euros net) pour les musiciens d'un groupe qui débute, assez rapidement monter à quelque chose de l'ordre de 100 à 200 euros nets si ça marche bien. Aller au delà est évidemment possible, mais cela veut dire que vous être en train de réussir quelque chose de vraiment bien...

Le nombre de cachets perçus dans l'année

Combien de fois réussirez-vous à vendre votre prestation dans l'année ? 10, 20, 30, 50, 100 fois ? Un petit groupe local qui débute fera plus probablement 10 dates dans sa première année que 100. Pour en faire 20 ou 30, il faut déjà commencer à bouger, tourner dans tout le département et un peu au delà. Pour en faire 100, il faut tourner au moins à l'échelle d'une grande région ou du pays entier, sinon on sature le marché local.

Or, il faut savoir que tourner loin n'est pas évident. Soit vous faites partie d'une formation qui correspond exceptionnellement bien à une demande forte, et de très bon niveau, et dans ce cas vous pouvez avoir la chance que le simple bouche à oreille suffise (c'est à mon avis extrêmement rare), soit votre promotion est très bien faite (par un pro)... Il y à là des choix à faire dans le cheminement du groupe.

Faire 20 à 30 dates est insuffisant pour faire vivre un musicien. Une des solutions pour accumuler suffisamment de cachets peut consister à faire partie de plusieurs groupes, de tailles différentes (solo, duo, trio, plus gros)dans des styles différents, pour pouvoir proposer une palette diversifiée de prestation et être plus souvent embauchés.

Le minimum de cachets que recherchent la plupart des musiciens est 43 dates par an, seuil au delà duquel on peut obtenir le statut d'intermittent du spectacle.

Le fait d'être intermittent ou non

C'est évidemment un critère déterminant dans le calcul du niveau de salaire que l'on pourra toucher annuellement. Lorsqu'on est intermittent, l'état (par l'intermédiaire de l'ASSEDIC) verse un complément de salaire (qu'il appelle une indemnité de chômage) dont le calcul repose sur ce qu'on a gagné durant l'année précédente (je simplifie car tout ça est assez compliqué, vous trouverez des infos plus précises auprès d'une ASSEDIC ou de sites spécialisés). Grosso modo, je dirais que l'ASSEDIC reverse annuellement des sommes du même ordre de grandeur que ce qu'on touche en salaire net. J'ai par exemple touché 8000 euros de salaire net l'an passé, et l'ASSEDIC m'en a versé 9000. C'est donc une aide très conséquente, et très très bienvenue quand on n'est pas une star.

Mais être intermittent demande une bonne organisation car tout est complexe, et une certaine constance dans le travail (réunir 43 cachets en 10 mois et demi n'est pas si facile).

Les revenus complémentaires

Lorsqu'on est musicien il y a souvent plein d'opportunités de travaux annexes qui permettent également de rentrer quelques sous :

L'enseignement de la musique (cours d'instrument, de chant, de musique d'ensemble, etc...)

Participation à des projets musicaux ponctuels (composition ou écriture d'arrangement pour des spectacles à monter, par exemple en milieu scolaire...)

Travail de création musicale pour des documentaires, petits films...

Tous ces travaux peuvent rapporter quelques sous, mais à moins d'en faire beaucoup, ces revenus restent plutôt marginaux, de l'ordre de quelques centaines à quelques milliers d'euros par an. Il faut également savoir que ces revenus ne pourront, pour l'essentiel, pas être comptabilisés au titre du statut d'intermittent du spectacle et n'entreront pas dans le calcul de la hauteur de l'indemnité pour l'année suivante.

Quelques ordres de grandeur

Essayons de résumer tout ça pour voir ce que peut gagner un musicien professionnel dans une année. Je me place dans le cas le plus courant, celui d'un professionnel consciencieux, qui fait sérieusement ce qu'il peut, sans être un génie créateur ou un fantastique virtuose.

Professionnel débutant, faisant partie d'un ou deux groupes d'importance locale et départementale pas encore très connus, donnant quelques cours à côté de son activité... Il n'est pas encore intermittent du spectacle. Il peut imaginer gagner... 5000 à 10000 euros par an, je dirais.

Après 2 ou 3 ans, le ou les groupes commencent à tourner un peu plus loin, le musicien est parfois sollicité pour des projets annexes... Il est devenu intermittent. Il peut gagner... 10000 à 15000 euros par an.

Après encore 5 ou 6 ans ans. Un ou plusieurs des groupes tournent bien, sont suivis pas des tourneurs professionnels. Les cachets ont augmenté, les groupes jouent plus souvent. Il peut gagner... 15000 à 20000 euros par an ?

Il y a donc, forcément, une période critique au début, durant laquelle on ne peut pas gagner suffisamment pour vivre. Là, c'est la débrouille : le copain ou la copine gagne un peu mieux, ou alors on fait à temps partiel un boulot à côté pendant un an ou deux, pour faire la transition...

Bon courage

25/05/2009
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