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"Sacré mont Blanc"
Chez
Marc Lemonnier
La can de l'Hospitalet
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Un mur de granite au milieu du schiste, au sommet de la crête du Mazilhou
Le filon de micro granite, visible sous le point coté 887, à l'ouest du Masbonnet. Au dessus, la surface parfaitement plane de la can de l'extrémité sud-est de la can de l'Hospitalet
Des murets de granite en plein schiste, près de Bézuc
Le filon, visible comme une crête de coq à gauche de la photo, vu depuis le col de Tartabisac
La falaise de microgranite au dessus du hameau de Billières. A l'arrière-plan, le village de Barre des Cévennes
Un morceau de microgranite au Valat des Auglanières
Pendant quelques centaines de mètres, le Briançon coule sur le granite, en veines d'eau caractéristiques de cette roche

Le filon de micro-granite du nord de l'Aigoual

A force de parcourir ce site, vous l'aurez définitivement compris : la can de l'Hospitalet est une plaque de calcaire posée sur le schiste sous-jacent. Pour l'essentiel cette description permet de comprendre les formes générales des paysages locaux. Il existe pourtant des exceptions notoires à cet état de fait. Ainsi en est-il des filons de microgranite, qui sont nombreux sous la can de l'Hospitalet. Le Mont Aigoual, quelques dizaines de kilomètres au sud-ouest de la can, est essentiellement formé d'une grosse masse de granite. Cette roche "lance", en direction du nord-est, un ensemble de filons relativement étroits (quelques centaines à quelques dizaines de mètres de large) qui disparaissent sous la bordure sud de can de l'Hospitalet (ils ont été recouverts par les calcaires). Un seul d'entre eux réapparaît au nord-ouest du plateau, traverse la haute vallée française, passe entre Barre des Cévenne et la can noire, descend la vallée du Briançon et s'en va mourir à l'approche de Saint Julien d'Arpaon.

Malgré sa faible largeur, il génère dans le paysage des changements d'ambiance locaux : tout à coup, on semble sortir des Cévennes et de ses "serres" acérés et obliques. On pénètre alors dans un autre monde. La forme des roches change, et passe des feuilles schisteuses ou des paraléllipipèdes calcaire à des blocs aux couleurs jaune paille, voire orangé, aux formes étonnamment triangulaires, très différentes des formes arrondies des granites du Mont Lozère ou des côtes bretonnes.

Le granite de ces filons n'a pas tout à fait la même apparence que dans les gros massifs de l'Aigoual, du Bougès ou du Mont Lozère. Injecté dans des failles étroites de la roche environnante (ici, des micaschistes), le magma granitique s'est refroidi beaucoup plus rapidement que dans les massifs, menant à la formation de cristaux plus petits, d'où le nom de MicroGranite. Une fois refroidi (comme on le voit aujourd'hui), ce microgranite se présente sous la forme d'une pâte rosée avec des points clairs et des points sombres. Les points clairs, rectangulaires, blanchâtres et mats sont des feldspath. Les point sombres, plutôt verdâtres, sont des amphiboles ou des pyroxènes. Il existe aussi des traces de plein d'autres minéraux. Cet ensemble "pâte molle avec cristaux" est caractéristique des laves.
On trouve une grande variété de microgranites, car chacun des minéraux qui les constituent ont des température de cristallisation spécifiques. Les tailles et formes des cristaux dépendent donc des températures initiales, des vitesses de refroidissement, qui dépendent elles-mêmes des largeurs de filon, etc...

A l'interface des microgranites et des schistes, on trouve souvent des traces de cuisson, signe que, si le schiste a refroidi le granite, le granite a fortement chauffé le schiste qui s'en est trouvé légèrement métamorphisé sur de petites épaisseurs.

Chercher, de loin en loin, les filons de microgranite dans le paysage calcaire et schisteux de la can et de ses environs constitue un exercice amusant et passionnant. Jouons-y ensemble, du sud au nord.

L'un des points de contact du filon avec la can se fait au pied du Causset, sur la crête du Mazilhou. C'est dans les affleurements de granite que les paysans d'autrefois ont prélevé les pierres pour ériger des abris et bergeries rustiques, ce qui leur donne localement des d'ailleurs... Etonnant.

Quelques dizaines de mètres vers le nord, le granite disparait sous les grès et calcaires de la can. Un unique filon ressurgit dans les pentes nord du point côté 887 qui surplombe le Masbonnet par le sud ouest. C'est la ligne claire verticale qui passe au centre de la photo, prise du rebord de la can noire.

Il traverse la vallée et ressurgit au dessus du hameau de Billière, près de Barre des Cévennes, ou il a engendré la formation d'une magnifique barre rocheuse de plusieurs centaines de mètres de long...

Le filon subit là un double outrage : il se sépare en deux filons encore plus minces, puis est brisé par une faille d'orientation est-ouest, qui le décale de presque 500 mètres vers l'ouest. Les deux filons sont visibles à quelques dizaines de mètres de la ferme de Balmegouse, lorsqu'ils disparaissent sous le site des tétines. Il réapparaît dans le Valat des Auglanières, près de Ferrière, on le retrouve sous le Bosc, puis il plonge au fond de la vallée, la rivière appelée Briançon coule sur lui, ressemblant à cet endroit à un ruisseau du mont Lozère avec ses filets d'eau séparés...

02/05/2008
02/10/2010
08/01/2011
Les dolines Le processus de karstification
A lire dans cette rubrique
Les traces de dinosaure sur la can de l'hospitalet.
Bien avant l'apparition de l'homme, il y a environ 190 millions d'années, la zone aujourd'hui couverte par la can de l'Hospitalet et le causse Méjean était occupée par une mer peu profonde
Les fossiles de la can de l'Hospitalet.
Les calcaires de la can de l'Hospitalet sont riches en fossiles de toutes époques
Arche de grès au dessus de la plaine du Pesquié.
Cette arche est située dans les premières couches de grès posées sur le schiste de la plaine du Pesquié, au pied des premières côtes raides qui montent vers la can noire.
La can de schiste.
La can de l'Hospitalet est, par définition même, un plateau constitué de calcaire, posé sur le schiste sous-jacent. Effectivement, pour l'immense majorité du plateau, cette règle se vérifie parfaitement.
La grotte de tuf du vallon de Baumale.
Au fond du vallon de Baumale, au pied des pentes qui montent vers baume Dolente, se trouve une petite grotte étonnante.
La ligne de partage des eaux Atlantique - Méditerranée.
La can de l'Hospitalet est située sur la ligne de partage européenne des eaux, c'est à dire que l'eau qui descend son flanc ouest pars vers l'Atlantique (via le Tarnon, le Tarn et la Garonne), celle qui descend son flanc est part vers la Méditerranée (via les gardons).
La mer de chailles.
Sur la can de Saint Laurent, proche du lieu-dit le Suquet, la concentration de chailles au sol est énorme.
Le filon de micro-granite du nord de l'Aigoual.
Ce filon, long de plusieurs dizaines de kilomètres mais large de quelques dizaines de mètres seulement, est rattaché au massif de l'Aigoual et remonte plein nord vers le Bougès au pied duquel il vient mourir.
Le processus de karstification.
La karstification est le phénomène de dissolution des calcaires par des eaux chargées en gaz carbonique. Ce phénomène conduit entre autre à la formation de grottes, avens, lapiaz... et autres formes bizarroïdes que l'on peut trouver sur la can et les causses alentours.
Les chailles, silex du pauvre.
La "chaille" est une roche siliceuse apparentée au silex, généralement de couleur claire, que l'on trouve dans les calcaires du jurassique.
Les dolines.
Une doline est une dépression de la surface d'un sol karstique. Sa présence témoigne de l'existence d'un conduit souterrain qui permet le drainage des eaux de surface vers les profondeurs.
Les limonites et les nodules ferreux de la can de l'Hospitalet.
Les sols calcaires de la can de l'Hospitalet sont relativement riches en fer.
Les terra rossa, ou "Terres rouges".
Au moment des labours sur les causses et la can de l'Hospitalet, la terre rougeâtre qui permet la culture attire l'oeil sur le fond des dolines.
Les tétines de Balmegouse.
Au pied de la can des Combes, des reliefs étonnants
Sols polygonaux sur la Can de L'Hospitalet.
En 1960, P. Marcelin et P. Rutten signalent l'existence, sur la Can de l'Hospitalet, de sols polygonaux, ou polygones de pierre.
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