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"Sacré mont Blanc"
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Marc Lemonnier
La can de l'Hospitalet
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Rubrique : L'histoire

Histoire de l'installation humaine sur la can de l'Hospitalet

Un pourtour accueillant

Vivre sur le plateau lui-même est difficile. L'eau y est difficilement accessible, il y fait froid l'hiver, les sols sont peu épais, voire absents en de nombreux endroits. Pour l'essentiel, les installations humaines se sont donc faites à la périphérie du plateau, pour de nombreuses raisons :

  • au contact entre le calcaire et le schiste, généralement quelques dizaines de mètres sous le plateau, sortent les sources.
  • à ce même contact, il y a souvent un replat, dû au fait que le schiste sous-jacent est plus résistant à l'érosion que le calcaire. Ce replat est accueillant pour des bâtiments et des surfaces agricoles.
  • au pied des falaises, surtout en versant sud, on est protégés des vents de nord, et on prend le soleil.

Bref, le pourtour de la can accueille un grand nombre de hameaux, fermes, bergeries... encore vivants ou déjà morts. En voici quelques-uns, pris dans le sens des aiguilles d'une montre à partir de la pointe nord de la can de Tardonnenche. Je m'y suis limité aux lieux situés sur le calcaire ou vraiment à la limite. Les autres, situés sur le schiste, sortent un peu du cadre de ce site. On trouve donc : La Borie, Ventajols, Balazuègnes, Aubaret, Le Mas Vieil, Peyrastre, Le Bouars, Le Bosc, Ferrière, l'Oultre, Balmégouse, Saint Pierre, Le Pesquié, Le Barret, Bézuc, Montagut, Broussous, Solpérière, le Faïsse, Nozière, Saint Laurent de Trèves village, le Devès, Artigues, Tardonnenche, la Rouvière.

Dans cette liste on trouve quelques "villages (Saint Laurent, Ventajols, Balazuègne, Ferrière...), l'essentiel est composé de hameaux très réduits, sans services publics ou privés. Il est facile de remarquer que le versant sur de la can est très pauvre en hameaux de coteau. Ceux qu'on y trouve sont situés beaucoup plus bas dans les vallées, loin dans le schiste. Y a-t-il une raison cachée à ce fait ?

Un plateau... utilitaire !

Pour les raisons évoquées plus haut, les rares installations humaines sur le plateau lui même se sont faites pour des raisons utilitaires :

  • Les pratiques agricoles. Quelques corps de ferme se sont installés sur le plateau, uniquement sur la partie sud. Certaines sont encore en activité (les Crottes, la Bastide, l'Hospitalet, la Borie), d'autres sont abandonnées (la Ferme de Montgros). On trouve par contre beaucoup de bergeries un peu partout, souvent proches des bordures pour être en relation directe avec les hameaux situés plus bas sur les contreforts du plateau.
  • La circulation d'hommes et de marchandises sur les voies de communication. La can a de tous temps accueilli des voies interrégionales de communication (voir "Les routes et chemins de la can"). Quelques bâtiments sont directement liés à cette fonction : les anciens relais du Rey, de l'Hospitalet, l'ancien château de Terre-Rouge qui servait à la surveillance...)
  • L'exploitation de matières premières. Elles sont assez rares sur la can, mais certains installations humaines ont été détectées autour de l'exploitation du fer (présence de nodules ferreux), ou de la chaille (mauvais silex qui a parfois servi aux hommes préhistoriques). Voir par exemple au Serre de Montgros.
  • La discrétion. A certaines époques troublées (les guerres de religion, la seconde guerre mondiale), des hommes se sont cachés ici, ou ont utilisé les lieux pour faire des choses interdites.

Bref, on s'installe sur la can pour y faire quelque chose qu'on ne peut pas faire ailleurs, mais on n'y folâtre pas ! Cela explique pourquoi on trouve si peu de traces d'installations humaines permanentes sur la can dans les périodes reculées. Mais cela relance d'autant plus la question : les rares installations durables (par exemple au Causset), quel était leur fonction ?

Dans le temps

A ma connaissance, il n'existe aucun travail de synthèse sur le peuplement de la can de l'Hospitalet. Les peuplements des Causses et des Cévennes ont par contre été étudiés, c'est sur eux eux et sur les traces archéologiques que je m'appuie pour écrire ce qui suit.

Jusqu'à aujourd'hui, on pensait qu'il n'y avait pas eu d'hommes sur la can ni dans les vallées Cévenoles au paléolithique et au mésolithique. C'était un fait relativement étonnant car des traces de présence humaine beaucoup plus anciennes étaient depuis longtemps détectées sur le Causse Méjan tout proche et dans les vallées alentour (les premières traces de passage dateraient de 350.000 ans au moins).

Des éléments d'information récents (2009) laissent à penser que l'homme aurait bien été présent, au moins de passage, dans les environs immédiats de la can, dès l'époque Magdalénienne. A cette époque le climat encore très froid ne permettait pas une installation permanente sur le plateau.

Au cours du néolithique (vers -4000), le clima s'est bien réchauffé. On détecte de manière certaine des traces de passage régulier sur la can de l'Hospitalet. Mais on n'a aucune trace d'installations permanentes. Peut-être ces hommes étaient-ils des pasteurs suivant les transhumances naturelles des animaux sauvages ?

C'est au chalcolithique (vers -2500) que l'on détecte avec certitude les traces de vie permanente sur le plateau. C'est à cette période que s'érigent un certain nombre de menhirs et un dolmen sur le plateau. Pour les raisons évoquées ci-dessus, ces hommes ne vivaient probablement pas sur le plateau, mais en périphérie.

A partir de cette époque, le peuplement de la can et de ses alentours se densifie rapidement. On trouve de nombreuses traces de présence à l'âge du Bronze, puis l'âge du fer (nombreux tumuli, en particulier). Des grottes ont accueilli des habitats, mais on trouve aussi trace d'habitats de surface (cap barré du Causset).

A l'époque gallo-romaine, la can est investie par des villae, établissements agricoles. C'est sans doute également à cette époque que se mettent en place les services d'aide aux voyageurs, notamment à l'Hospitalet, au col du Rey, à Nozière...

Au moyen-age, une nouveauté : la fonction militaire prend pied sur le plateau avec la construction du château de Terre-rouge.

A partir de cette époque, l'installation humaine ne connaîtra sans doute plus de changements marquants sur le plateau.

07/07/2009
10/07/2008
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